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10 fév. 17 – Révoltée !

10 février 2017 - Posté par sophie

Il paraît que pour être entrepreneur, il faut être révolté. L’idée de créer sa boîte vient bien souvent d’une révolte – en référence à une conférence de Didier Gesp que j’ai suivi il y a quelques années. Et bien, en ce moment, je suis en mode révoltée contre les conditions de règlement des gros donneurs d’ordre …

C’est certainement quelque chose que nous rencontrons tous, je vous raconte quand même …

80 % de mon chiffre d’affaires est réalisé par des « petites » entreprises – Heureusement ! – Ces dernières sont en prélèvement automatique, ça marche comme sur des roulettes. Quand il y a un problème de trésorerie ou de facturation on s’arrange, on discute. En plus, ils me paient en avance ; ) Et puis il y a les 20% restant. Ces 20% c’est généralement du chiffre d’affaires « Salle de réunion ». Du coup, c’est un mix achat-revente – restauration – et location de salle. Ces 20 % ce sont aussi des acheteurs généralement salariés de gros donneurs d’ordre et c’est aussi un acte d’achat ponctuel.

Petit exemple …

Le 14 novembre 2016, nous sommes heureuses, notre devis a été accepté – nous avons du le modifier 3 fois pour qu’il le soit. La date de la réunion est confirmée pour la 14 décembre. La journée de séminaire se passe parfaitement bien, les participants et l’organisateur sont ravis. Nous leur envoyons leur facture le jour même. La date de règlement prévu est à 30 jours soit le 13 janvier 2017. Nous ne voyons rien arriver, nous relançons le 26 janvier pour apprendre que notre interlocutrice est en congé maternité, nous prenons contact avec sa remplaçante. Cette dernière confirme la bonne réception de la facture, elle nous indique qu’elle se renseigne. A ce jour, nous n’avons pas de nouvelle. Les factures de nos fournisseurs sont payées, la nôtre toujours pas, 60 jours après la prestation.

Autre exemple : il y a quelques mois, nous sommes contactés par le service comptabilité d’un de nos clients. Il nous demande un extrait K-bis de moins de 3 mois pour régler notre facture. Concrètement, je n’en ai pas – le seul en ma possession est celui de la création de la société. Je dois donc payer 3,90 € pour me faire payer des 2 300 € dus. Choquée par la démarche, j’indique à la comptable que je ne financerai pas leurs procédures internes. A elle de l’acheter sur internet si elle souhaite compléter son dossier. En parallèle, je préviens mon acheteur. Je suis ravie de travailler pour eux. Néanmoins, ils ne doivent pas oublier que notre relation est de l’ordre de David et Goliath. Le respect commence par la prise en compte de nos impératifs : une facture de 2300 € c’est une broutille pour eux, c’est un gouffre pour moi. Il comprend et demande à son service comptabilité de passer outre. J’en passe et des meilleures : certifier conforme notre RIB et notre extrait KIBS, remplir des formulaires …

Alors, vous me direz :

  • il faut prendre des acomptes : nous avons déjà essayé bien sûr, les délais de validation des salles mixés à leurs procédures de paiement ne nous le permettent pas,
  • il faut relancer en amont de la date d’échéance puis immédiatement après : cela prend du temps et nous ne sommes pas forcément formés à cela,
  • il faut réduire les conditions de règlement, mesure prise depuis ce début d’année, on verra.
  • il faut faire du recouvrement : à quel moment nous perdons la relation commerciale ? Ne vaut il pas mieux perdre de la trésorerie à un instant t que de perdre du chiffres d’affaires pour toujours.

Pour moi, la vraie question n’est pas là. La vraie question est dans quelle société souhaitons nous vivre dorénavant. Les plus forts sont ils là pour écraser les plus faibles ? Détient on du pouvoir pour s’en servir de manière inopportune ? En gros, on donne le droit de vie ou de mort d’une société à des salariés – ou des fonctionnaires – ne se rendant pas compte du mal qu’ils peuvent faire. Encore une fois, on parle de méconnaissance : Et oui, les 2300 € qu’il ne me paient pas, ne me permettent pas de payer mes salariés, qui eux même ne peuvent honorer leur remboursement de crédit. Alors, effectivement, j’ai la chance de ne pas en être là. La société dans laquelle je veux évoluer est une société du respect des engagements. Une société dans laquelle il est normal de payer ses factures avant l’échéance. Au final une société faites de relations humaines.

Les grandes sociétés sont dans un mouvement de fonds prônant « l’entreprise libérée » le management positif, le bonheur des salariés au travail. Et bien, mesdames et messieurs n’oubliez pas vos fournisseurs.

Courir après le règlement d’une prestation, j’aimerai que ce ne soit pas normal et j’aimerai que l’on résiste, nous les tous petits.

RESISTE PROUVE QUE TU EXISTES : et donnez moi vos bonnes idées !

3 commentaires

  • Designolle Jean-Paul à écrit le 10 février 2017

    Faut-il donner des noms ? Faire un fichiers des mauvais payeurs ? A mauvais comportement, mauvaise réputation ? Rendre la monnaie de la pièce qui n’a pas été donnée ?
    Mettre en place une caisse de dépôts et consignation pour chaque commande ou en cas de problème les deux parties seraient à égalités, le prestataire pas encore payé, le client déjà débité ? Les plus values générée par la cagnotte permettrait d’indemniser la partie non fautive ?
    Il semblerai que chez certains de nos voisins on paye un acompte à la commande et le solde à la livraison.
    Dans une logique de pot de terre contre pot de fer, les pots de terre doivent s’unir.Je pense que lorsque le rapport de taille, vous est par trop défavorable, il faut durcir les conditions de paiement. Si un gros fait appel à vous c’est que vous l’intéressez (Prestations, prix…) Ces entreprises ont de la trésorerie. Soyez exigeants (Acomptes important… paiement à la livraison…) laissez les mauvais clients à vos concurrents.

  • GUILLAUME à écrit le 17 février 2017

    Pour ma part , et selon mon expérience , l’acompte est indispensable . Si c’est refusé , eh bien tanpis pour le soi disant client . Qu’il fasse ses impayés ailleurs . Et si malgré tout tu le prends , eh bien s’il paye pas , direct huissier . Et du coup tu ne le reverras plus et tant mieux pour toi . Si tu veux que je recouvre les créances difficiles , pas de soucis , je connais .

    • sophie à écrit le 17 février 2017

      Merci beaucoup Pascal pour le soutien ; ) Mon expérience passée fait que je suis plutôt bien outillée pour recouvrer mes créances m^me au judiciaire – Mais merci beaucoup et à bientôt

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